Skip to content

13 octobre, 2022 - 5 mars, 2023

Intimité publique

  • Date: 13 octobre, 2022 - 5 mars, 2023
  • Lieu: Musée juif de Montréal, 5220 Boulevard St-Laurent
  • Admission: Entrée libre

Où se situe la frontière entre le public et le privé ?

Consciemment ou non, nous jonglons constamment avec cette question lorsque nous évoluons chaque jour à travers la société. Selon l’heure, le lieu et l’environnement, les définitions collectives et individuelles du privé et du public bougent constamment. Intimité publique nous invite à réfléchir à ces définitions changeantes et leurs déplacements subtils.

Les œuvres qui composent cette exposition proviennent toutes d’un espace domestique authentique. Les rideaux usagés ont été recueillis dans des foyers de toute l’Allemagne, comme ceux des photographies accrochées dans l’exposition. Les tissus et les façades photographiées illustrent des structures domestiques utilisées pour diviser les espaces publics et privés. Le rideau, concrètement et symboliquement, souligne les fines divisions et le changement de cadre lorsque l’espace privé se révèle publiquement. Si le rideau offre un refuge contre le monde extérieur, il peut aussi nous dissimuler ou nous couper de ce qui se passe sous nos yeux.

Sophia Hirsch et Johannes Mundinger ont créé ces œuvres à partir d’objets tirés d’espaces domestiques de Berlin, Offenburg et d’autres villes allemandes, qui témoignent d’un contexte géographique portant encore une histoire de violence civile et étatique, celle de l’Holocauste, mais aussi celle de la résurgence actuelle de l’antisémitisme et de la xénophobie véhiculée par les mouvements néonazis et d’extrême droite. Par ailleurs, nos sociétés toujours plus connectées, et dans le sillage d’une pandémie mondiale en plus, ont suscité de nouveaux espaces, mais aussi des considérations inédites sur nos comportements et notre discours en ligne et dans la vraie vie. Où et quand pouvons-nous tirer les rideaux ? Que masquent-ils maintenant ?

En portant leurs regards sur la réalité de leur propre société, le travail des artistes nous invite à considérer de même nos propres « rideaux », le tracé de leurs contextes.

Les rideaux servent souvent à séparer l’intérieur de l’extérieur, la sphère privée de la sphère publique. Ils agissent comme les paupières d’un appartement, pour en protéger l’intimité. Par ailleurs, ils permettent de fuir le regard des autres, d’échapper un moment au contrôle de la société.

En revanche, en allemand, l’expression « die Vorhänge zuziehen », équivalente à « tirer les rideaux », est souvent utilisée pour désigner les personnes qui choisissent de détourner le regard, de ne pas s’engager dans les événements actuels. Nous souhaitons explorer l’écart entre les possibles libertés individuelles et l’ignorance des réalités sociales plus larges.

Cette figure silencieuse, spectatrice très (in)active de sa vie personnelle ou des événements historiques, est le déclencheur de ce projet. Cette figure derrière le rideau qui ne fait pas grand-chose d’autre que de regarder les événements se déployer devant elle, cachée, à l’insu des autres, mais qui influence pourtant grandement le cours de l’histoire.

Les rideaux proviennent de différentes origines : des morceaux donnés, trouvés dans des bâtiments abandonnés, achetés d’occasion, de tissus et motifs divers, mais chacun fut choisi par quelqu’un comme l’objet parfait.

Les personnes qui visitent l’installation sont invitées à y circuler pour mieux explorer l’espace physique qu’elle propose. On peut aller d’un rideau à l’autre, mais en acceptant le risque de se retrouver face à face à quelqu’un d’autre. On peut choisir de demeurer à part, mais aussi de s’y regrouper, d’y tracer un parcours personnel ou d’y créer de nouveaux espaces.

Sponsors

We acknowledge the support of the Conseil des arts de Montréal and the Consulate General of the Federal Republic of Germany in Montréal. 

  • Conseil des arts de Montréal logo
  • German Consulate of Montreal Logo

Contact Us